“C’est indécent.
Madame la Ministre, sortir un projet de loi pareil, et oser le nommer projet de loi d’urgence agricole… Vraiment, c’est indécent.”
Limoges, 20 juillet 2026.
A l’appel de la Confédération Paysanne, 300 personnes dont 200 agriculteurs sont rassemblés devant la préfecture de la Haute Vienne. Au sol, des bottes et des légumes, mélangés à de la paille, des cagettes et des bidons vides. Sur les marches de la préfectures s’étalent des assiettes, vides elles aussi. En réalité le département a subi deux vagues d’orages supercellulaires d’une violence exceptionnelle qui ont balayé presque entièrement le territoire. Pour des maraîchers et petits producteurs, souvent non assurés en raison de coûts prohibitifs, ces pertes et destructions mettent gravement en péril la survie de leurs fermes.
Ce jour, devant la préfecture, la Confédération Paysanne interpelle l’Etat en la personne de Monsieur le Préfet, Maurice Barate. Parmi leurs revendications, ils demandent le création d’un fond de solidarité nationale d’urgence qui prendrait la forme d’un guichet d’aide financière direct, et surtout accessible rapidement et sans conditions restrictives. Ils demandent aussi que ces orages supercellulaires soient reconnus comme des catastrophes naturelles. Car aujourd’hui la grêle et les vents violents sont exclus des régimes d’indemnisations classiques alors qu’ils peuvent littéralement exterminer des mois de travail.
Au moment de la manifestation se joue aussi, en toile de fond, l’adoption du projet de loi d’urgence agricole. Présenté par le gouvernement comme un moyen de retrouver une souveraineté nationale en matière d’alimentation, le texte est pourtant très critiquable. Un texte productiviste qui favorise factuellement l’agro-industrie pourtant au détriment des petites exploitations locales, alors qu’elles sont les premières victimes du dérèglement climatique.
Ce texte à été voté à l’Assemblée Nationale le soir même de la manifestation.
Photos par Jordan Gamaire




Article publié le 6 octobre 2026
