• Cette semaine dans Dig Dig Diggers, le magasine de la Ferarock :
► Un module découverte album réalisé par Yann de Canal B : Meryem Aboulouafa – Family
► Un module découverte album réalisé par Jordane de Radio Méga : Gros Coeur – Vague Scélérate
► Retour sur l’album éthiopiques n°31 avec Max de RCV
• Deux albums à découvrir cette semaine sur les ondes du 89mHz !
MERYEM ABOULOUAFA / Family
Zerhoun Records / Electronique-Folk
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La foudre tombe dès les premières secondes de « The Friend », pièce d’ouverture de l’album Meryem. C’est une voix qui vous enveloppe, vous embrasse et ne vous lâche plus. Une voix neuve, pourtant déjà familière, source chaude d’un torrent de passions. De ces voix troublantes qui en imposent et qu’on n’oublie pas. À l’heure où les femmes, de Lana Del Rey à Weyes Blood, font la loi dans la pop, déploient des trésors d’inventivité, la nouvelle n’a donc rien de surprenant : Meryem Aboulouafa s’impose déjà parmi les grandes révélations de 2020.
Née à Casablanca où elle vit toujours, l’artiste a très tôt plongé dans la musique grâce à une famille dont le père, l’initie aux classiques rock, Beatles, Stones et Pink Floyd en tête, ainsi qu’aux grands de la chanson française tels Piaf, Brel et Brassens. Tandis qu’elle prend des cours de solfège et de violon au Conservatoire de musique, l’enfant solitaire se réfugie dans l’écriture pour dompter les tempêtes dans son crâne. Ses poèmes en arabe et en français forment la première étape de son processus de jeu avec les mots.
Autant dire qu’au jeu des références, Meryem Aboulouafa a gagné le combat car il serait vain de tenter des comparaisons, voire même de traquer des influences. Tout juste peut-on oser dresser des parallèles avec Kate Bush pour son imaginaire sans limites, avec James Blake pour cet art rare d’installer une intimité et les émotions qui en découlent, et Oum Kalsoum, pour cette capacité à hypnotiser par un langage universel, sans rien renier des traditions musicales liées à ses origines. Si la femme et l’artiste se posent encore des questions, les réponses offertes par le magnifique Meryem suffisent à notre immense bonheur.

GROS COEUR / Vague Scélérate
Le Cèpe Records / Rock
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Puissant, dense et dansant, ce deuxième album enferme cinq morceaux marathoniens : des transes au long cours qui, sans crier gare, étendent leurs idées tentaculaires dans des eaux tropicales. Avec “Vague Scélérate”, le quatuor dilate l’espace-temps, s’écartant ouvertement des conventions circonscrites par les algorithmes. Disque tout-terrain, protéiforme et terriblement humain, ce nouvel essai sublime les visions kaléidoscopiques de la formation à travers une collection de morceaux pluriels.
Généreux dans l’effort, méticuleux dans la gestion des émotions, Gros Cœur opère des va-et-vient sur la ligne du temps, piochant des idées dans l’âge d’or du psychédélisme, au firmament du rock anatolien, dans le désert ou sur les rivages du rock stoner. Dans ce road trip halluciné, les quatre musiciens traversent les continents et rassemblent les mondes d’artistes aussi singuliers que Goat, Altin Gün, Flavien Berger, Mdou Moctar, Kikagaku Moyo ou King Gizzard and the Lizard Wizard. La vague emporte tout sur son passage. À l’heure du deuxième album, l’écriture s’affine et la voix s’affirme, allant au-devant de compositions ambitieuses et téméraires à souhait. Sans négliger la production des parties vocales, “Vague Scélérate” consacre la mélodie des mots à travers des récits fantasmagoriques. Métaphores et analogies, espoirs et désillusions se bousculent ainsi au portillon pour donner vie à des chansons conjuguées à la première personne du singulier. Un leurre, tant ce disque est à l’image des quatre personnalités qui font battre Gros Cœur.

