• Cette semaine dans Dig Dig Diggers, le magasine de la Ferarock :
► Un module découverte album réalisé par Radio Activ’ : Aino Salto – Feeding the Fantasy
► Un module découverte album réalisé par Radio Activ’ : Kau – Unknown Waveforms Restrung
► Un live du concerto en doigt majeur aux 40 ans de Radio Béton
• Deux albums à découvrir cette semaine sur les ondes du 89mHz !
AINO SALTO / Feeding The Fantasy
Irascible Records / Jazz – Pop
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Les chansons d’amour de l’EP « Guesswork », paru en février 2026, sont désormais suivies de trois chansons et demie avec une orientation tout à fait différente : « Feeding the Fantasy », le deuxième EP d’Aino Salto à paraître cette année, traite de la mort et de la renaissance, de la révolution et du changement, de la redécouverte et du manque. Aino Salto intègre magistralement tous ces thèmes à des mélodies joyeuses afin d’alimenter l’imaginaire des auditeurices, leur suggérant que tout le monde pourrait avoir une vie meilleure et qu’iels devraient l’imaginer en abondance.
« Idéalement, lorsque les gens écoutent la musique, iels devraient penser que tout est possible et que la vie est merveilleusement belle », c’est ainsi que la musicienne Aino Salto décrit son nouvel EP « Feeding the Fantasy ». À première vue, cela peut sembler en contradiction avec le contenu des chansons, qui sont sombres, voire morbides, mais c’est précisément là que réside son art : dans la dualité et le talent indéniable qu’elle a de créer un espace d’espoir même dans les situations les plus éprouvantes, les injustices les plus flagrantes, les réalités les plus terribles.
Un plaidoyer en faveur du vivre ensemble, ou plutôt un cri fédérateur contre l’isolement qui prend de l’ampleur dans « Feeding the Fantasy » ; en écoutant la musique, on s’amuse tout en se demandant si on a le droit de s’amuser. Oui, absolument, estime Aino Salto. Car « il est question du « plus » qui pourrait être : la plénitude de joie et d’amour qui ne correspond pas au système social actuel, mais qui serait immédiatement possible si nous prenions conscience de notre force collective. »

KAU / Unknown Waveforms Restrung
SDBAN Ultra / Electronique
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Pour apprécier pleinement la musique de KAU, il faudra accepter de s’abandonner pour s’élever, oublier les formats pré-conçus et les chapelles de style pour simplement se reconnecter à l’amour primal de la musique, celui qui fait un lien inexplicable entre le corps, le cerveau et le cœur.
Né à Bruxelles, KAU rassemble un claviériste allemand (Jan Janzen), un bassiste italien (Matteo Genovese) et un batteur norvégien (André Breidlid), bien décidés à s’échapper des carcans pour créer une musique pure et personnelle. Formés au conservatoire tout en triturant l’esthétique rock avec leur groupe précédent, les trois instrumentistes se rejoignent au moment du Covid dans l’idée de créer une tape libre et voyageuse, liant leurs influences et renouant avec la créativité et l’audace de ce format cher au hip hop. Il ne faudra pas aller vite en besogne et classer KAU dans la case un peu fourre-tout du jazz new school. En effet, le trio réussit le pari d’un syncrétisme racé et hypnotique entre musique synthétique, mélodies entêtantes, groove électronique et beatmaking spirituel.
Unknown Waveforms porte bien son nom tant il incarne une plongée dans l’inconnu, privilégiant la vibe au format parfois contraignant de l’album pop ou jazz. Des atmosphères qui renouent avec une musique free, où les ruptures de tons et les trouvailles sonores mènent à la danse sans qu’on s’y attende vraiment. Enregistré à la freehouse du parc de la Woluwe à Bruxelles, pendant que la neige tombait à l’extérieur du studio, Unknown Waveforms est un film sonore travaillé par les liens entre l’humain et la machine, le contraste entre futur lumineux et peur de l’obscurité. À l’image de son outro entièrement acoustique, KAU tient à son humanité, sa spontanéité, embrasse ses imperfections et touche sans y réfléchir à l’extase de tout musicien: celle d’une créativité jamais bridée, qui parle au plus grand nombre, sans renier son exigence artistique.
Après The Cycle Repeats, premier album sorti en 2023 et des concerts un peu partout (dont une apparition sur la mainstage de Dour), KAU revient avec Unknown Waveforms et se présente comme une nouvelle pièce maîtresse du Brussels Sound, en même temps qu’un espoir d’une nouvelle scène musicale en ébullition à la croisée des esthétiques hip hop, synth jazz et club music. En Mars 2026, le trio présentera un nouvel EP Unknown Waveforms Restrung, avec des titres repris de leur dernier album, adapté cette fois-ci avec un quartet de cordes basé à Cologne, blu/quartet et avec la participation du duo bruxellois Minla.

